lundi 24 septembre 2018

Gisèle

Vous l'avez remarqué
la saveur du sandwich
que vous dévorez
en haut de la montagne
que vous venez de gravir
est bien loin de celle
du sandwich avalé
sur le coin du bureau
en checkant ses mails
même
si c'est le même sandwich.
Alors quand en plus
ce sandwich-là remonte à vos ballades d'enfance
en famille
il a forcément
un goût
à tomber.
Ce n'est pas un sandwich
le goût d'enfance de Gisèle
mais tout ce qui va autour
fait de ce goût
un moment d'exception
écoutez-le en deux minutes ici
et entendez aussi
comme ce goût-moment
fait revivre les souvenirs
de Gisèle Pineau
dans "Pat'gauche" ici
Photographie © Anne Bonneau

lundi 17 septembre 2018

Raymond

L'image fait envie?
Alors imaginez un petit garçon
à la Martinique
bavant devant
un esquimau comme ça
tenu du bout des doigts
de sa grande sœur.
Il est question dans ce "goût d'enfance"
du lien si précieux
unissant les frères et sœurs
on appelle ça comment?
Ah oui, la fraternité.
Il est question donc
d'une certaine forme de fraternité
mais sûrement pas celle
à laquelle vous pensez...
Ecoutez, en deux minutes, ici
et entendez encore
comment Alain Mabanckou
fils unique
fait écho
de ce goût
si particulier
dans "Mabanckistes de tous les pays, unissez-vous", là!
Photographie © Anne Bonneau

lundi 10 septembre 2018

Finlay

Finlay est capable de vous décrire
des plaisirs somptueux
si tellement tant que
vous bavez illico
à l'évocation
d'un café à quatre heure du mat
dans une nuit sans rêve
ou du crémeux des lentilles noires
cuites au chaudron
sur un feu de bois.
Il est aussi capable
des pires horreurs
il faut le savoir.
Il vous en offre un de ses échantillons
dans son dégoût de l'enfance
et même si on n'a jamais goûté
-les dieux soient loués!-
on le croit aisément!
Ecoutez-le en deux minutes ici
et entendez comme Jacob Desvarieux
notre invité de Francosphère
comprend de quoi-t-il-koz...
La même génération?
C'est dans "Il met le zouk à l'Olympia", là!
Photographie © Anne Bonneau

lundi 3 septembre 2018

Sara

Je l'ai rencontrée dans sa cuisine
à la Réunion
elle adore cuisiner
elle en fait toujours beaucoup
pour ceux qu'elle aime.
Sarah est comme ça
entière
et
généreuse.
Alors quand elle n'aime pas
elle le dit aussi
avec véhémence
et mots fleuris!
C'est son dégoût qu'elle partage
écoutez-le en deux minutes ici
et entendez comme Kettly Noël
le partage également
et compatit depuis son Mali
dans "Dansé Noël" à écouter là.
Photographie © Anne Bonneau

lundi 27 août 2018

Sophie

L'amertume.
C'est le goût d'enfance de Sophie
une enfance à Madagascar
au temps des carnets
des files d'attente
des bons d'alimentation
du riz qui manque.
C'est ça le pire
le manque de riz
aujourd’hui dit Sophie
il y a des choses
mais pas l'argent pour se les procurer
avant
même les tous petits enfants
faisaient la queue
même les adultes
arrêtaient de travailler
pour pouvoir manger.
Ecoutez en deux minutes
le goût de son riz
et entendez comme nos invités de Francosphère
rebondissent dans leurs enfances
avec des goûts étonnants
dans "mers d'aventures" 
Photographie © Anne Bonneau

lundi 20 août 2018

Stéphanie

Elle avoue
elle n'aime pas tout
Stéphanie
de la cuisine de sa mère
et du coup
son goût de l'enfance
est un dégoût.
Alors elle se reprend
comme si elle avait failli
car enfin
la cuisine de maman
c'est juste un truc sacré
non?
Ecoutez en deux minutes
sa séance de rattrapage
- on ne sait jamais, ça peut vous servir un jour!-
et entendez l'écho de ce dégoût
sur un homme de la terre
des nourritures simples et bonnes
dans "Chants d'Angers", là.
Photographie © Anne Bonneau

lundi 13 août 2018

Tristan

Ceci est une annonce officielle :
Tristan est prêt à donner cher
très cher
très très cher
pour retrouver
le vrai
gâteau-piment
de son enfance.
Pas ces boulettes
que dis-je ces boulettes
ces ersatz
sans même un vrai nombril.
Il le dit sérieusement
et il n'est pas question de nostalgie
du "c'était mieux avant"
non
il parle là
du devoir de mémoire
rien de moins.
écoutez cet homme intègre
en deux minutes ici
et entendez comme Souad Massi rebondit sur son goût
dans "L'arpenteuse d'arpèges" là
Photographie © Anne Bonneau